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La vitalité de l’usure

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La vitalité de l’usure

L’usage laisse des traces.
Il altère les surfaces et transforme les espaces.

Là où certains voient une dégradation, j’observe un processus.

L’usure n’est pas un déclin :
elle est transformation.

Chaque griffure, chaque abrasion, chaque dépôt est le résultat d’un contact répété entre un corps, un geste et une matière.

Avec le temps, ces marques singularisent ce qui pouvait être identique.
L’usure différencie.

Dans ma pratique de la peintures abstraites contemporaines, ces altérations ne sont pas reproduites.

Travailler la matière, superposer, retirer, effriter, racler — c’est prolonger ce que le temps accomplit déjà.

L’usure agit comme un processus de différenciation.
Elle individualise les surfaces sans imposer de récit.

Face à l’uniformisation des formes et des matériaux, ces aspérités rappellent que les espaces de vie se façonnent par l’usage.

Révéler la poésie de l’usure, ce n’est pas esthétiser la ruine.
C’est reconnaître dans l’altération une vitalité.

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