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Mon travail de peintre contemporaine commence par l’observation attentive des surfaces. Architecte de formation, Berlin a été un moment fondateur : face à l’impossibilité de la table rase, j’ai déplacé mon regard du volume vers le fragment, de la façade vers la trace.


Dans un monde où l’on valorise le neuf, le propre, le standardisé, mon attention porte sur ce qui résiste : l’usure. Elle rend unique ce qui, à l’origine, était identique.


La surface est envisagée comme un territoire fertile : un lieu où s’inscrivent des interactions successives entre matière, temps et action humaine. La peinture devient ainsi un espace de tension où se rejoue le rapport entre intérieur et extérieur, protection et exposition, maîtrise et effritement.


Je travaille à l’horizontale, vite, avec racloirs et spatules. La peinture se construit par ajouts et retraits : la matière se dépose, se racle, se fissure. La surface devient un espace où apparaissent traces, ruptures et équilibres instables.


Rendre visible ce moment fragile où la matière commence à raconter.


Cette recherche dépasse la toile. Avec la Remise de Monsieur Tulasne (Lorient, 2017), la surface se déplace sur la place de l’Hôtel de Ville : un monde discret s’expose, révélant ce que l’uniformisation tend à effacer.
 

Du volume à la surface

L’architecture m’a appris à penser les lieux dans leur ensemble. La peinture m’a conduite à les observer par leurs détails : traces, strates et aspérités. La surface devient alors un espace d’exploration et d'inspiration.

Berlin — un territoire fondateur

À Berlin-Prenzlauer Berg, je découvre, après la chute du mur, un quartier encore marqué par la guerre et de longues années sans rénovation. Face à ces façades altérées, mon regard se déplace de l’ensemble vers les détails. La surface devient un champ d’attention.

Observer et percevoir

Observer, photographier, inventorier — s'immerger dans un lieu, ressentir avant de comprendre. Percevoir les lieux et documenter est un geste à part entière qui irrigue l'ensemble de ma pratique.

La surface, un espace en tension

La surface n’est pas un simple décor. Elle capte la lumière, absorbe le temps et garde la mémoire des gestes et des intempéries. Dans mes peintures, elle devient un équilibre en tension où apparaissent traces, strates et fragilités.

La vitalité de l’usure

L’usure agit comme un processus de différenciation. Avec le temps, les surfaces se singularisent par leurs traces. Ma peinture prolonge ce travail lent de la matière.

Le geste et la matière

À l’atelier, je travaille la matière par couches successives, retraits et résistances.
La vitesse du geste empêche l’illustration et le retour vers le dessin de l'architecte.

Déplacer la surface — L’installation

Les cabanes et les constructions bricolées m’intéressent parce qu’elles se transforment au fil du temps. Ajouts, réparations, adaptations : chaque intervention laisse une trace de créativité et d’usage. Avec l’installation, la surface quitte la toile pour entrer dans l’espace réel.

42 a route d'Altenheim
F - 67100 Strasbourg
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