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Résidence artistique au Milchhof Berlin : Exploration des Strates Verticales

  • 15 févr.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 mai

En août 2025, j’ai eu l’opportunité de travailler en résidence artistique au Milchhof à Berlin. Ce lieu, partagé avec d’autres artistes, est propice à la concentration.


Un espace de création


Durant deux semaines, j'ai plongé dans un atelier vibrant. Au centre, une grande table. Les outils sont soigneusement alignés : brosses, racloirs, spatules, ciseaux à bois. Chacun d'eux produit une trace unique.


Le racloir creuse des pointes de lumière dans la matière encore humide. La brosse structure la surface. La spatule étire et déplace la peinture. Je travaille vite, très vite.


Architecte de formation, je suis familière avec le temps long du projet. L’élaboration progressive, les ajustements successifs. Mais ici, la rapidité m’en éloigne volontairement. En peinture, je cherche un rapport direct à la matière.


La dynamique de la vitesse


Aller vite impose des décisions immédiates. Ce qui apparaît doit être compris dans l’instant. Dois-je arrêter le geste ou le poursuivre ? Si je ralentis, la peinture se fige et se referme en façade.


Pour autant, le sens de l’équilibre demeure. Je sens quand les tensions se stabilisent, quand la surface tient. À côté de moi, des photographies réalisées au fil des années lors de mes balades : fragments de murs, traces d’usure, superpositions de matières.


Je les garde en présence. Elles ne sont pas copiées ; elles orientent le travail. La peinture se construit dans le dialogue entre images, cadre donné à la série et travail de la matière. La vitesse déjoue le dessin d’une façade ; elle ouvre à la peinture.



Strates verticales


Avec la série Strates verticales, la surface picturale est construite par superpositions successives. Les bandes de couleur se dressent, se juxtaposent, laissant apparaître la mémoire des couches précédentes. La verticalité structure l’espace sans perspective et maintient une tension entre stabilité et fragilité. La matière garde la trace du temps. Les premières peintures de la série ont été réalisées à Strasbourg.




Sédiment


Sédiment est une série construite comme un dépôt : couches superposées, retraits, frottements, effritements. Nourries par des photographies de détails prises en promenade — murs, sols, matières altérées — les surfaces recomposent une mémoire de surface. Ici, l’usure devient un langage : une mémoire en transformation, une entropie douce qui transforme la matière jusqu’à un équilibre entre stratification et respiration.




Dé-Ordre


Dans Dé-Ordre, je cherche l’ordre au cœur du désordre. Ce n’est pas une question d’effacer le chaos, mais de le traverser. Chaque toile enregistre une dynamique, une énergie en mouvement, dans une tension entre maîtrise et lâcher-prise.




Ausschnitt


Dans Ausschnitt — « fragment » en allemand — j’extrais, dans mon imaginaire, des portions de façades et de surfaces urbaines pour en faire des compositions abstraites, sensibles et construites. Bandes colorées, épaisseurs, zones raclées et marges blanches composent des surfaces où la matière garde la mémoire du temps et de l’usage. Chaque peinture demeure un fragment autonome, structuré et libre.



Commentaires


Traduction en allemand en cours 

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